Santé des enfants

Les écrans et la santé visuelle des enfants : que faut-il savoir ?

Par Maxime
5 minutes

Comprendre l’impact des écrans sur la vue des enfants


Entre smartphones, tablettes, jeux vidéo et ordinateurs, les écrans sont omniprésents dans la vie quotidienne des familles. Si ces outils participent à l’éveil, à l’apprentissage et au divertissement, leur usage soulève une question majeure : quels sont leurs effets sur la santé visuelle des enfants ? Les parents s’inquiètent à juste titre mais se sentent souvent démunis : comment arbitrer entre modernité, plaisir et prévention des risques ?


Quels sont les risques visuels liés à l’utilisation des écrans ?


Les médecins spécialistes pointent plusieurs problèmes potentiels :


  • Fatigue oculaire : les yeux des enfants sont sollicités de façon intensive lors d’une exposition prolongée aux écrans. Cela provoque brûlures, picotements, sensation de sécheresse ou de “sable dans les yeux”.
  • Myopie en progression : de plus en plus d’enfants deviennent myopes, un phénomène corrélé à l’augmentation du temps passé devant des écrans et la diminution du temps passé à l’extérieur.
  • Troubles de la convergence : la vision de près, mobilisée par les écrans, peut causer des maux de tête, parfois des troubles du doublement de la vision ou de la concentration chez les plus jeunes.
  • Exposition à la lumière bleue : certains écrans LED diffusent une lumière bleue artificielle, soupçonnée d’accélérer la fatigue visuelle et de perturber le sommeil.
  • Syndrome de l’œil sec : lorsque l’enfant reste concentré, le clignement des paupières diminue, entraînant une mauvaise irrigation des yeux et un dessèchement.

À partir de quel âge l’écran devient-il un risque pour la vue ?


Aucun écran n’est inoffensif pour le regard des tout-petits. Avant 3 ans, l’œil et le cerveau de l’enfant sont encore en plein développement. Les sociétés savantes recommandent donc d’éviter tout écran avant cet âge, puis d’en limiter fortement la durée par la suite.


Signes d’alerte : quand faut-il s’inquiéter ?


Certaines manifestations doivent inciter à consulter :


  • Maux de tête fréquents en fin de journée
  • Paupieres rougies, picotements
  • L’enfant cligne beaucoup, se frotte les yeux ou se plaint de “mal voir” de temps en temps
  • Difficulté à soutenir le regard sur un livre, s’approche exagérément des écrans
  • Apparition de strabisme ou de louchage occasionnel

En cas de doute, un contrôle ophtalmologique s’impose. Il ne faut pas attendre que l’enfant se plaigne : beaucoup d’entre eux compensent ou ne perçoivent pas leur baisse de vision.


Ce qu’il faut éviter pour protéger la vision des enfants


  • Laisser un enfant seul devant un écran plus de 30-45 minutes sans pause, surtout avant 7 ans.
  • Installer la tablette ou la télévision dans la chambre pour une utilisation libre ou nocturne.
  • Autoriser les écrans matin et soir : cela accentue la fatigue visuelle et trouble le sommeil (qui, lui aussi, joue un rôle dans la régénération oculaire).
  • Oublier d’adapter la luminosité des écrans : trop forte ou insuffisante, elle aggrave la fatigue des yeux.
  • Négliger les postures : lire, jouer ou travailler courbé, avec un écran près du visage ou à contre-jour, peut engendrer des troubles plus larges (dos, nuque, fatigue générale et vue perturbée).

Agir : les gestes simples pour préserver la santé visuelle


  1. Respecter la règle « 20-20-20 »
    Toutes les 20 minutes d’écran, demandez à l’enfant de regarder ailleurs, à une distance d’au moins 20 pieds (6 mètres), pendant 20 secondes. Ce réflexe détend les muscles de l’œil.
  2. Imposer des pauses régulières
    Préférez plusieurs sessions courtes à une longue plage d’usage. Idéalement, un écran ne doit jamais être le seul point d’attention plus de 30 minutes d’affilée.
  3. Aérer les activités
    Encouragez le jeu, la lecture « papier », les constructions, les échanges en famille entre chaque séance, pour faire revenir la vision “au loin”.
  4. Soigner la posture
    L’écran doit être placé à hauteur des yeux, à une distance correspondant à la longueur de l’avant-bras de l’enfant. Les pieds au sol, le dos droit, et un bon appui pour éviter de “s’avachir”.
  5. Éviter le contre-jour
    La lumière naturelle doit arriver de côté, jamais directement derrière ou face à l’écran. Sinon, adaptez la luminosité de l’appareil.
  6. Consacrer au moins 1 heure par jour aux jeux extérieurs
    La lumière naturelle, l’observation “au loin”, le mouvement sont les meilleurs alliés pour prévenir la myopie et reposer l’œil.

Écrans et myopie : démêler le vrai du faux


La myopie, trouble de la vision de loin, connaît une progression rapide chez les jeunes générations. Entre 1993 et 2023, le taux d’enfants et d’adolescents myopes a doublé en France. L’usage excessif des écrans y contribue, mais d’autres éléments sont aussi en cause :


  • Déficit de lumière naturelle : être trop souvent à l’intérieur, même sans écran, augmente le risque.
  • Activités prolongées en vision de près (livres, bricolage, écran).
  • Antécédents familiaux : un parent myope, risque accru.

Le meilleur antidote : programmer chaque jour, même quand il fait gris, du temps dehors ! Dix à quinze minutes toutes les deux heures pour une pause « vision de loin » peuvent suffire à faire la différence sur le long terme.


Ce qui marche vraiment : bonnes pratiques et check-list visuelle


  • Pas d’écran du tout avant 3 ans ; avant 6 ans, usage très modéré et accompagné.
  • Favoriser la règle 3-6-9-12 : pas d’écran avant 3 ans ; pas de console avant 6 ans ; Internet avec adulte dès 9 ans ; réseau social pas avant 12 ans (repère du Dr Serge Tisseron).
  • Proposer des activités physiques et des jeux d’extérieur tous les jours.
  • Prendre rendez-vous chez l’ophtalmologue dès la rentrée scolaire ou en cas de doute, même sans trouble évident.
  • Impliquer les enfants : expliquer les enjeux, leur enseigner à écouter leurs sensations (fatigue ? Vision floue ? Picotements ?).
  • Ajuster et limiter l’utilisation des écrans le soir et dans tout espace dédié au sommeil : la lumière bleue perturbe la sécrétion de mélatonine.

Que faire si votre enfant a déjà des troubles visuels ?


En cas de myopie ou d’hyperactivité visuelle, toutes ces mesures restent valables et doivent être renforcées. L’ophtalmologiste pourra adapter la correction, mais il est essentiel de prévenir l’aggravation par une bonne hygiène du regard. Les lunettes anti-lumière bleue peuvent être proposées, mais ne remplacent pas les pauses ni la lumière du jour.


Ce qu’il faut éviter : les fausses bonnes idées


  • Les applications dites « éducatives » ne réduisent pas la fatigue oculaire : devant un écran, la sollicitation des yeux est la même, quel que soit le contenu.
  • Les « filtres de lumière bleue » intégrés ne dispensent pas de faire des pauses.
  • Laisser un enfant “passif” devant l’écran sans interaction ni débat avec un adulte augmente les risques.

En résumé : préserver la vue des enfants à l’ère du tout-numérique


Le numérique fait partie du quotidien, mais l’œil des enfants reste en pleine maturation. Pour conjuguer plaisir, apprentissages et santé visuelle, mieux vaut privilégier des règles simples, répétées et expliquées. Accompagner les usages, rester attentif aux signes de fatigue ou de gêne, encourager la vie au grand air, modérer les temps devant écran : ces gestes, aussi concrets que faciles à appliquer, protègent durablement le regard des plus jeunes.


  • Règlementez la durée et la fréquence d’utilisation des écrans.
  • Multipliez les pauses, surveillez la posture et adaptez la luminosité.
  • Favorisez les activités variées, avec du temps dehors chaque jour.
  • Gardez le dialogue ouvert avec votre enfant sur ses ressentis et ses envies.

Un œil protégé, c’est la promesse d’un enfant curieux, attentif et en bonne santé, pour découvrir joyeusement le monde – sur écran comme dans la vraie vie !


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