Parentalité

5 conseils pour renforcer la confiance en soi chez les enfants

Par Maxime
5 minutes

Accompagner l’enfant dans la construction de sa confiance, un défi parental au quotidien

La confiance en soi n’est pas innée, elle se construit jour après jour, dès la petite enfance et se consolide tout au long de la scolarité. Un enfant qui croit en ses capacités aborde les expériences avec enthousiasme, surmonte plus facilement les échecs et développe des relations sereines avec les autres. Pour autant, nourrir cette confiance nécessite l’attention et l’accompagnement de l’adulte, sans tomber dans la surprotection ou le perfectionnisme. Voici cinq conseils concrets, inspirés par la méthode “ce qui marche”, pour semer (et cultiver !) la confiance chez votre enfant.


Comprendre les bases de la confiance en soi chez l’enfant

Avant de vouloir renforcer la confiance de son enfant, il est essentiel d’identifier à quoi elle tient vraiment. Cette confiance s’appuie sur trois piliers :

  • Se sentir aimé et reconnu (pour qui il est, et pas seulement pour ce qu’il fait)
  • Expérimenter l’autonomie à son rythme, sans la peur excessive de l'erreur
  • Recevoir un regard positif (encouragements, valorisation des efforts) mais réaliste sur les réussites et les points à améliorer

Conseil n°1 : Accueillir les émotions sans jugement

Un enfant sûr de lui apprend à vivre ses émotions, à les reconnaître et à les exprimer. Réprimer ou minimiser (“Tu n’as pas à pleurer”, “Ce n’est rien”) lui fait penser que ses ressentis sont anormaux ou qu’il doit les cacher. Or, un environnement où il peut exprimer ses peurs et ses frustrations l’aide à les apprivoiser et à ne pas en avoir honte.

  • Écoutez activement : posez des questions pour comprendre l’origine du sentiment (“Tu sembles en colère/triste… Qu’est-ce qui s’est passé ?”)
  • Reformulez sans juger ou minimiser
  • Proposez des outils pour verbaliser (émoticônes, dessin, météo du jour…)

Ce climat de confiance intérieure autorise l’enfant à prendre des risques, à essayer, à chuter puis se relever… essentiel pour renforcer l’estime de soi.


Conseil n°2 : Valoriser les efforts, pas seulement les résultats

En France, on félicite d’abord la performance (“Bravo, tu es le premier !”)… Or, la confiance naît d’abord de la conscience de ses progrès et de la capacité à rebondir face à l’échec. Valoriser les processus, les essais, même infructueux, change le regard de l’enfant sur ses compétences :

  • Dites-lui ce que vous remarquez : “Tu as persévéré, même quand c’était difficile”, “Je vois que tu as relu ton texte avec attention”
  • Encouragez la prise d’initiative : “Tu as choisi de t’entraîner seul ce soir. C’est bien vu !”
  • Célébrez les petites victoires du quotidien : trouver une nouvelle façon de faire, terminer une activité sans aide excessive

Les félicitations doivent être sincères, spécifiques et porter sur un comportement observable plutôt qu’un trait figé (“Tu es doué” vs “Tu t’es appliqué à ranger tes jouets”). L’enfant comprend alors que l’effort mène au progrès.


Conseil n°3 : Encourager l’autonomie à son rythme

Confier des responsabilités à l’enfant, même modestes, lui permet de réaliser qu’il est capable. Cela peut passer par des tâches adaptées à son âge :

  • S’habiller seul le matin, même si ce n’est pas parfait
  • Mettre la table, arroser les plantes, préparer son cartable
  • Gérer une partie de son organisation personnelle (choix de ses vêtements, vérification de son agenda, gestion de ses affaires de sport…)

Laissez-lui le temps d’apprendre par essais et erreurs, sans intervenir à la première hésitation. Si besoin, fractionnez la tâche : “Tu mets la serviette, je pose les verres”, puis inversez les rôles.

Astuce : Un tableau de petites missions ou un semainier visuel peut aider à ritualiser l’autonomie et rendre chaque progrès visible.


Conseil n°4 : Offrir un cadre sécurisant mais sans surprotection

La confiance découle du sentiment de sécurité, mais aussi de la possibilité d’agir par soi-même. Pour cela :

  • Fixez des règles claires mais expliquez toujours leur “pourquoi” (“On range les jouets pour ne pas trébucher et retrouver ses affaires”)
  • Laissez l’enfant expérimenter (cuisiner, bricoler, jouer dehors) sous surveillance bienveillante
  • Ne dramatisez pas chaque bobo ou petit échec : banalisez l’erreur, rassurez quant à la possibilité de réparer ou recommencer

Gardez en tête que trop d’interdits ou de réprimandes peut engendrer peur de l’échec ou dépendance au regard du parent. À l’inverse, en donnant un cadre stable mais souple, l’enfant ose prendre des initiatives et apprend à gérer les imprévus.


Conseil n°5 : Encourager l’expression et la découverte de ses talents uniques

Chaque enfant se différencie par ses centres d’intérêt, ses facilités… et ses défis. Soutenir la confiance en soi, c’est aussi permettre à l’enfant d’explorer ses points forts, même s’ils diffèrent de ceux attendus socialement.

  • Proposez régulièrement de nouvelles activités (dessin, musique, jardinage, jeux de construction, sport, bricolage, etc.)
  • Adoptez un regard curieux : “Qu’est-ce que tu as préféré ? Comment tu t’y es pris ?”
  • Célébrez ses différences, même si elles vous surprennent (“Tu as une imagination incroyable”, “C’est une astuce ingénieuse pour résoudre le puzzle”)
  • Favorisez la coopération plutôt que la compétition : organiser des jeux de groupe où l’entraide prime sur le résultat individuel pour éviter la comparaison néfaste.

Ce qui facilite la confiance… et ce qui la fragilise

À privilégier :

  • Ecoute active, disponibilité et patience
  • Encouragements fréquents, mais adaptés et argumentés
  • Droit à l’erreur, accompagnement dans la réparation et le rebond
  • Respect du rythme et de la personnalité de l’enfant
  • Partage de ses propres expériences d’adulte (succès ET échecs)

À éviter :

  • Critiques ou jugements humiliants (“Tu n’es pas doué”, “Tu n’y arriveras jamais”)
  • Comparaisons systématiques (avec un frère, une sœur, un ami…)
  • Pression sur le résultat ou valorisation excessive de la perfection
  • Faire “à la place de”, au risque d’entretenir le sentiment d’incapacité
  • Sous-estimer ce que l’enfant peut faire en autonomie

Check-list pour semer la confiance chaque jour

  • Offrir chaque soir un temps d’écoute dédié (câlin + discussion sur un “fierté” et une “galère” du jour)
  • Féliciter un effort précis, même si l’objectif n’est pas encore atteint (“Tu as essayé plusieurs stratégies pour apprendre ta poésie, c’est une belle persévérance”)
  • Proposer régulièrement de nouveaux “petits défis” adaptés à l’âge (faire seul un sandwich, gérer son budget d’argent de poche, inviter un ami, etc.)
  • Accepter le droit à l’échec et accompagner avec bienveillance (“Qu’est-ce qu’on pourrait essayer autrement la prochaine fois ?”)
  • Guider sans faire à la place
  • Éviter les phrases qui découragent ou déprécient (“Ce n’est pas grave, tout le monde se trompe, l’important c’est d’essayer encore”)

Et si la confiance est fragilisée ?

Aucun enfant n’est “en confiance” à 100 % en permanence : anxiété scolaire, déménagement, arrivée d’un petit frère ou une remarque blessante peuvent parfois ébranler son assurance. Dans ces cas :

  • Restez attentif à toute perte d’entrain, de motivation ou d’estime de soi
  • Valorisez davantage les petits pas, encouragez la verbalisation des sentiments
  • N’hésitez pas à en discuter avec l’école ou un professionnel si le mal-être persiste

En résumé : bâtir la confiance, une aventure familiale

Renforcer la confiance en soi des enfants est un chemin de longue haleine qui réclame de l’écoute, de la valorisation, du respect—et surtout du temps. Il n’y a pas de recette magique, mais ces cinq clés donnent des repères concrets pour agir, ajuster et soutenir votre enfant chaque jour. Ce qui compte : la régularité, la sincérité, et la douceur, pour que chaque enfant devienne peu à peu l’acteur serein de ses propres apprentissages et réussites.
À chaque famille d’inventer ses propres rituels de confiance… et d’avancer, ensemble, vers l’autonomie et l’épanouissement !

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