Éducation

Aider son enfant à développer sa concentration à l'ère du numérique

Par Maxime
5 minutes

Comprendre les enjeux de la concentration face au numérique


Tablettes, smartphones, applications éducatives, vidéos en boucle et jeux connectés s’invitent de plus en plus tôt dans la vie des enfants. Résultat : leur capacité à se concentrer sur une seule activité semble parfois mise à mal. Les parents s’inquiètent : pourquoi mon enfant a-t-il du mal à rester attentif ? Est-ce la faute aux écrans ? Comment l’aider à mieux se concentrer, sans diaboliser la technologie ? Voici des pistes concrètes pour accompagner vos enfants à renforcer leur concentration tout en composant intelligemment avec l’ère numérique.


Pourquoi la concentration est-elle plus difficile aujourd’hui ?


La vie moderne est un flux continu de sollicitations : notifications, vidéos courtes, devoirs fragmentés, interruptions fréquentes. Notre cerveau (et celui de nos enfants) n’y est pas naturellement préparé. Les neuroscientifiques confirment que l’excès de stimulations rapides peut impacter l’attention « profonde », celle qui permet de rester engagé dans une tâche longue, comprendre, mémoriser et persévérer.


Mais la technologie n’est pas la seule responsable : rythme de vie intense, manque de mouvement, bruit ambiant ou absence de temps calme jouent aussi leur rôle. Bonne nouvelle : la concentration s’entraîne comme un muscle ! Avec des habitudes adaptées, chacun peut retrouver (et faire grandir) sa capacité à se focaliser… même avec des écrans à proximité.


Reconnaître les signes d’une concentration en difficulté


  • Votre enfant change d’activité toutes les deux minutes ?
  • Il a du mal à finir ses devoirs ou à suivre une histoire jusqu’au bout ?
  • Il se laisse vite distraire par un bruit, un écran en fond, une pensée ?
  • Ses apprentissages semblent fragmentés, il oublie vite ce qui vient d’être vu ?

Inutile de s’inquiéter exagérément : ces difficultés sont de plus en plus courantes – et souvent passagères si l’on adopte quelques bons réflexes.


Étape 1 : Créer un environnement propice à l’attention


  • Zone calme dédiée : Prévoyez un coin « travail » ou « jeu calme » sans distractions (écrans éteints dans la pièce, bruit limité, téléphones ailleurs).
  • Ranger le superflu : Le désordre (jouets qui traînent, livres étalés) attire l’œil et « coupe » la concentration. Simplifiez l’espace avant un temps d’attention.
  • Limiter le multitâche : On évite de mélanger écran + dessin + devoir en même temps ! Privilégiez une activité à la fois.

Étape 2 : Rythmer les temps d’écran avec intelligence


  • Des créneaux précis : Plutôt que des écrans « au fil de l’eau », proposez des moments définis (après les devoirs, le week-end uniquement, etc.), avec une durée adaptée à l’âge.
  • Utiliser la technologie comme alliée : Certaines applications proposent des jeux éducatifs qui requièrent logique, observation ou mémorisation – parfaits pour entraîner l’attention, à condition de limiter la durée et d’être présent au début.
  • Mode avion, notifications coupées : Lors des devoirs ou d’une activité qui demande de la concentration, désactivez Wifi ou notifications sur les appareils à portée de vue.

Étape 3 : Des activités concrètes pour muscler la concentration


Jeux classiques (hors écran)


  • Puzzles, memory, jeux de société de règles simples (Dobble, Uno, Mistigri…).
  • Coloriages minutieux, mandalas, perles à enfiler : parfaite vigilance visuelle et motricité fine.
  • Lectures partagées : lire une histoire en posant des questions simples en cours de route, pour entraîner l’écoute active.
  • Chasse au trésor (avec indices à observer/résoudre).

Techniques douces à intégrer au quotidien


  • Petites séances de respiration (inspirer/expirer lentement, yeux fermés) : idéal pour instaurer un sas avant les devoirs ou le coucher.
  • Exercices de pleine conscience : observer un objet, une odeur, écouter un bruit du quotidien et décrire ce que l’on ressent.
  • Brèves pauses actives toutes les 10-15 minutes pour les plus petits (marcher, s’étirer, sauter sur place) : cela relance l’attention sans énervement.

Étape 4 : Impliquer l’enfant dans la gestion de son attention


  • Discuter autour des écrans et de leurs effets : Demandez-lui ce qu’il ressent après un dessin animé, pourquoi parfois il décroche, à quel moment il se sent « présent ».
  • Coconstruire le planning : Ensemble, fixez les créneaux de jeux, de travail, de sorties. Cela responsabilise… et diminue la tentation de transgresser les règles ensuite.
  • Valoriser les réussites : Un puzzle terminé, une lecture suivie sans interruption, un exercice terminé en entier : félicitez et rappelez à l’enfant qu’il a mobilisé son attention.

Étape 5 : Savoir repérer et éviter les pièges quotidiens


  • Éviter les devoirs/jeux calmes juste après une session d’écran : quelques minutes de transition sont nécessaires pour « débrancher » l’esprit de la surstimulation numérique.
  • Ne pas surcharger l’agenda : Enchaîner d’activités génère fatigue et éparpillement. Des plages de « rien » sont indispensables à la récupération et à la reconcentration.
  • Surveiller le niveau de fatigue, de faim, d’émotions : Ces facteurs comptent autant qu’un bon environnement calme. Une pause, une collation, un câlin font parfois repartir la capacité d’attention !

Checklist : Mettre en place des routines qui favorisent la concentration


  • Préparez à l’avance un espace épuré pour les devoirs ou le jeu concentré.
  • Fixez avec l’enfant, dès le matin, un ou deux « défis attention » de la journée (ex : lire une page sans s’arrêter, terminer un jeu de 10 minutes, compter les oiseaux du balcon concentré).
  • Créez une playlist « calme » (musique douce, sons de nature) à utiliser au retour de l’école ou du sport, pour baisser la pression… et l’envie de se jeter sur un écran.
  • Alternez temps physiques (jeux dehors, marche, danse) et temps calmes : la concentration a besoin de défoulement pour revenir plus forte.
  • Impliquez l’enfant dans l’organisation de ses espaces de travail et de ses activités.
  • Soyez vous-même exemplaire : éteignez les écrans quand vous demandez à l’enfant de se concentrer, expliquez vos propres stratégies (liste, agenda, pauses…)

Ce qui marche vraiment… et ce qu’il vaut mieux éviter


  • À privilégier : L’alternance entre activité physique et activité calme, l’écoute active, des jeux courts mais réguliers, la verbalisation des ressentis autour de la concentration.
  • À éviter : Laisser des écrans tourner en fond sonore, proposer plusieurs tâches à l’enfant en même temps, placer la tablette en « récompense » systématique dès le moindre effort, trop d'injonctions contraires.
  • À utiliser avec modération : Les jeux numériques éducatifs, oui, mais toujours accompagnés et sur créneaux limités (le mieux : après une activité calme, et non pour « s’occuper » seul).

Favoriser la concentration, c’est aussi cultiver le plaisir d’apprendre


Plus qu’un objectif scolaire ou comportemental, aider son enfant à se concentrer, c’est lui permettre de découvrir le plaisir d’aller au bout de ses idées, de rêver, de persévérer… même à l’ère du numérique. Les écrans feront partie de leur quotidien : il est donc essentiel d’apprendre à vivre avec, sans stresser, mais avec des limites intelligentes et en donnant la priorité à l’ancrage réel et à la relation humaine.


En résumé : la concentration n’est ni innée, ni perdue d’avance : elle se construit, petit à petit, par des rituels, un environnement apaisé, des règles du jeu claires et l’accompagnement bienveillant de l’adulte. À l’ère du numérique, c’est même un super pouvoir à cultiver… en famille !


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