Santé des enfants

Lutter contre la déshydratation chez les enfants en été

Par Maxime
5 minutes

Comprendre les mécanismes et enjeux de la déshydratation en période estivale


Lorsque le thermomètre grimpe, le corps des enfants se retrouve bien plus vulnérable face à la déshydratation. Leur organisme en pleine croissance contient proportionnellement plus d’eau que celui d’un adulte, tout en étant moins apte à réguler sa température. Résultat : une exposition à la chaleur, au soleil, à l’effort physique ou tout simplement un oubli de boire lors d’activités extérieures peut rapidement tourner à l’urgence. Anticiper et repérer les signes est vital pour prévenir coup de chaud, malaise ou hospitalisation.


Pourquoi les enfants sont-ils particulièrement sensibles à la perte d’eau ?


Le rapport poids/eau chez un jeune enfant approche les 75% (contre 60% chez l’adulte). Or, plus le corps est chargé en eau, plus il risque de souffrir de son évaporation rapide. De plus :


  • Leur sensation de soif est moins développée ou prise en compte, surtout lorsqu’ils sont absorbés par le jeu.
  • Leur surface corporelle proportionnellement plus grande favorise les pertes par transpiration.
  • En cas de troubles digestifs l’été (diarrhée, vomissements), la perte est encore majorée et doit être compensée sans attendre.

Reconnaître à temps les signes d’une déshydratation chez l’enfant


Parce qu’un enfant qui a soif l’exprime souvent tardivement, observer son comportement et ses réactions physiques permet d’agir dès l’apparition des premiers signaux. Les symptômes les plus courants :


  • Bouche et lèvres sèches
  • Pleurs sans larmes
  • Urines foncées ou moins fréquentes (couches plus sèches chez le petit)
  • Fatigue, somnolence inhabituel, irritabilité
  • Yeux cernés, peau moins souple (pli cutané persistant)
  • Maux de tête ou vertiges
  • Fièvre ou température corporelle augmentée, même modérément

Chez le nourrisson, une fontanelle légèrement creusée, un comportement amorphe ou un refus du biberon sont des appels à la vigilance accrue. Chez l’ado, attention aux signaux banalisés : « mal à la tête », “pas envie de boire”, “j’ai la flemme, je joue”, surtout pendant les activités extérieures ou sportives.


Boire efficacement : combien, quand et comment ?


Les besoins hydriques de l’enfant selon l’âge


  • Bébés allaités : proposer le sein plus souvent, surtout par forte chaleur, même en dehors des tétées habituelles.
  • Bébés au biberon : Eau faiblement minéralisée en complément si besoin (demander avis pédiatre si bébé a moins de 6 mois).
  • Enfant de 1 à 3 ans : environ 1 litre d’eau par jour, dont une partie contenue dans l’alimentation (fruits, compotes, etc.).
  • Enfant de 4 à 10 ans : 1,2 à 1,5 litres par jour, à fractionner.
  • Adolescents : 1,5 à 2 litres pour un garçon, 1,3 à 1,7 litres pour une fille, selon l’activité et la météo.

À quels moments proposer de l’eau ?


  • Au lever, pour compenser la nuit (air sec, transpiration, etc.)
  • Avant, pendant et après une activité physique ou une sortie
  • À chaque repas et collation
  • Toutes les heures par temps chaud, même sans plainte

Le secret : fractionner les prises pour éviter la saturation (petites portions régulières, plutôt qu’un grand verre d’un coup).


Outils pour rythmer la prise hydrique avec les enfants


  • Gourde ou petit verre personnalisé à disposition, toujours en vue
  • Minuteur ou alarme qui sonne toutes les heures l’été
  • Check-list sur le frigo ou carte à points (“As-tu bu ta gorgée ?”)
  • Jus de fruits dilués, eau aromatisée maison (feuilles de menthe, rondelles de citron) pour varier
  • Sorbet maison sans sucres ajoutés : l’eau “à croquer” chez les plus récalcitrants

Optimiser l’alimentation pour soutenir l’hydratation


Certains aliments sont de vrais alliés : pastèque, melon, concombre, tomate, agrumes, yaourts, soupes froides, salades complètes riches en crudités. À l’inverse, prudence avec les aliments trop salés (chips, charcuterie), très sucrés et plats en sauce qui peuvent accentuer la soif sans apporter d’eau véritable.


Prévenir la déshydratation en vacances, en sortie ou lorsqu’on ne contrôle pas tout


À la plage, au parc ou en balade : les bons réflexes


  • Couvrir la tête (bob, casquette, chapeau à larges bords)
  • Proposer de l’eau toutes les 15 à 30 minutes, que l’enfant réclame ou non
  • Privilégier les zones ombragées pour alterner avec l’exposition au soleil
  • Limiter la durée des jeux actifs aux heures les plus chaudes (12h-16h)
  • Installer une “pause boisson” ludique lors de chaque changement d’activité

En collectivité (centre aéré, colonie, crèche, école…)


  • S’assurer que la gourde est nommée, remplie et toujours accessible
  • Informer l’équipe en cas d’antécédents de coup de chaud ou difficultés à boire
  • Rappeler à l’enfant qu’il peut demander ou sortir sa gourde même sans autorisation explicite
  • Vérifier les toilettes (fréquence des passages, aspect des urines)

Check-list prévention de la déshydratation en été


  • Boire avant même d’avoir soif, dès le matin
  • Choisir les jeux actifs le matin ou fin d’après-midi
  • Prévoir 2 gourdes par enfant pour les longues sorties
  • Préparer des fruits très riches en eau pour le goûter
  • Eviter les sodas ou jus industriels très sucrés, peu hydratants
  • Surveiller les signes d’alerte pendant et après l’activité physique
  • Rafraîchir la nuque et le front avec un brumisateur en cas de besoin
  • Aérer et ventiler les chambres, tirer les rideaux

Ce qu’il vaut mieux éviter : mythes et fausses bonnes idées


  • Contraindre à boire d’un seul coup : Peut entraîner le rejet ou des douleurs à l’estomac. Privilégiez les petites gorgées.
  • Compter sur les glaces/sodas pour hydrater : Ils rafraîchissent en bouche mais ne remplacent pas l’eau. Les sodas favorisent même la déshydratation.
  • Négliger la soif “cachée” : Certains enfants silencieux ou très absorbés dans le jeu peuvent développer des signes tardifs. Mieux vaut un parent “rappel-boisson” trop zélé que passif !
  • Laisser un bébé dormir trop longtemps sans surveillance en pleine chaleur : Risque accru de coup de chaud silencieux, surtout en voiture lors d’un trajet ou d’une sieste.

Ce qui marche vraiment pour une hydratation efficace et sans prise de tête


  • Laisser l’enfant manipuler sa propre gourde (autonomie valorisée)
  • Créer des « rituels boisson » lors des changements d’activité
  • Impliquer les grands dans la surveillance des plus petits (« Mission gourde » pour les fratries)
  • Goûters hydratants (brochettes de fruits, compotes maison, bâtonnets glacés maison à base d’eau pure ou d’infusion de fruits)
  • Utiliser les histoires et chansons : “Pause boisson, mission accomplie !”

Passer à l’action : l’hydratation, réflexe familial de l’été


Former toute la famille aux gestes anti-déshydratation, c’est simplifier le quotidien dès le retour des beaux jours. Petits rituels, trucs ludiques, implication de tous : l’enjeu n’est pas d’imposer, mais de construire autour de l’eau le même réflexe que la crème solaire ou le chapeau.


En résumé, les bases : observer, anticiper, fractionner, proposer sans attendre, et garder en tête qu’enfants comme ados sont souvent de mauvais juges de leur besoin en eau. Un parent vigilant, c’est la meilleure garantie d’un été serein, sans mauvaises surprises.


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