Santé des enfants

Les réflexes à adopter en cas de fièvre chez l’enfant

Par Maxime
4 minutes

Reconnaître et comprendre la fièvre chez l’enfant : ce qu’il faut savoir

La fièvre chez l’enfant est un motif fréquent d’inquiétude et d’appel au médecin. Pourtant, il s’agit, dans la grande majorité des cas, d’une réaction naturelle du corps à une infection, principalement virale. Avant de céder à la panique, il est important de comprendre ce qu’est réellement la fièvre, et comment réagir de façon éclairée pour le bien-être de son enfant.


On parle de fièvre à partir d’une température rectale supérieure ou égale à 38°C. Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un symptôme. La température normale peut varier en fonction des enfants, du moment de la journée ou même de l’activité. Il est donc essentiel d’interpréter la fièvre dans son contexte et de garder en tête qu’elle a pour rôle principal d’aider l’organisme à lutter contre des agressions extérieures.


Premiers gestes à adopter en cas de fièvre

  • Prendre la température de manière fiable : privilégiez la voie rectale chez les petits (jusqu’à 5 ans), qui reste la plus précise. Les thermomètres électroniques sont préférables aux thermomètres frontaux ou auriculaires pour plus de fiabilité.
  • Observer le comportement de l’enfant : un enfant fiévreux, mais encore vif, qui mange et joue, doit surtout être surveillé. Le degré de fièvre n’est pas toujours corrélé à la gravité de la maladie.
  • Proposer régulièrement à boire : la fièvre déshydrate. Offrez de l’eau, des tisanes, ou encore des soupes de façon régulière, en fractionnant.
  • Laisser l’enfant se reposer : il n’est pas nécessaire de le forcer à rester au lit à tout prix, mais limitez les activités fatigantes. Adaptez l’environnement : une pièce calmement ventilée, sans surchauffe.
  • Adapter les vêtements : évitez de trop couvrir l’enfant mais ne le déshabillez pas non plus complètement. Habillez-le légèrement, selon son confort, pour faciliter l’évacuation de la chaleur.

Quand consulter un médecin en urgence ?

  • Bébé de moins de 3 mois : toute fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois nécessite une consultation rapide, même en l’absence d’autres symptômes.
  • Fièvre persistante ou élevée : si la température dépasse 40°C ou perdure plus de 3 jours sans amélioration.
  • Altération de l’état général : enfant apathique, difficile à réveiller, respire mal, a du mal à boire ou refuse tous les aliments/liquides, vomit de façon incoercible, présente des convulsions ou une raideur de la nuque.
  • Apparition de taches rouges/violettes sur la peau : elles ne disparaissent pas à la pression : c’est une urgence (risque de méningite ou infection grave).

Face à de tels symptômes, n’attendez pas pour appeler le médecin ou les urgences.


Ce qu’il faut éviter de faire lors d’un épisode fébrile

  • Ne pas donner d’automédication systématique : Ne donnez jamais d’antibiotiques sans avis médical. Les médicaments contre la fièvre (antipyrétiques) ne sont à utiliser que si l’enfant est inconfortable ou douloureux.
  • Éviter le bain tiède : Cette vieille pratique n’est plus recommandée. Elle ne diminue pas durablement la température et risque de stresser l’enfant.
  • Ne pas paniquer à chaque poussée fébrile : Se concentrer sur l’état général et les signes d’alerte permet d’éviter les visites inutiles aux urgences.
  • Ne pas surcouvrir ni dévêtir excessivement : Adapter la tenue au ressenti d’inconfort et non à la température affichée.

Quels médicaments utiliser, et dans quelles conditions ?

  • Paracétamol : médicament antipyrétique de première intention. Respecter la dose prescrite (en général 15 mg/kg, toutes les 6 heures, sans dépasser 4 prises/24h).
  • Ibuprofène : donner uniquement après avis médical, surtout chez l’enfant asthmatique ou en cas de suspicion de varicelle.
  • Ne jamais associer paracétamol et ibuprofène sans conseil du médecin.
  • Éviter l’aspirine chez l’enfant, sauf indication très spécifique et validée par un professionnel.

Dans tous les cas, lire la notice, peser l’enfant et ne jamais improviser les dosages.


Bien surveiller l’évolution de la fièvre à la maison

  • Journal de bord : en cas de surveillance rapprochée, notez la température, les horaires de prise de médicaments, les changements de comportement ou l’apparition de nouveaux symptômes. Cela aidera le médecin en cas de consultation.
  • Tolérer les variations : La fièvre peut monter et descendre sur une journée. Ce qui compte, c’est l’amélioration de l’état général.
  • Soutien et réconfort : soyez présent, proposez des câlins, lisez une histoire, mettez en place un coin douillet pour aider l’enfant à traverser cette étape.

Hydratation et alimentation : des points clefs à surveiller

  • Privilégier l’eau : proposez fréquemment de petites quantités d’eau, surtout si l’enfant transpire beaucoup.
  • Fractionner les repas : n’exigez pas que l’enfant finisse son plat. Préférez des aliments faciles à avaler, comme les compotes, yaourts, bouillons.
  • Attention en cas de vomissements ou diarrhées : surveillez les signes de déshydratation (bouche sèche, urines rares, pli cutané). Si nécessaire, utilisez des solutés de réhydratation orale, disponibles en pharmacie.

Ce qui aide vraiment, selon les familles et les médecins

  • Préparer à l’avance une trousse avec thermomètre fiable, paracétamol adapté au poids, gobelet, dosettes de réhydratation.
  • Impliquer les enfants en leur expliquant clairement ce qui se passe et ce qu’on va faire.
  • Planifier une consultation si, après 48-72h, il n’y a aucune amélioration ou que d’autres symptômes inquiétants surviennent.
  • Faire confiance à son instinct parental : si vous trouvez que l’état de votre enfant vous inquiète, consultez sans attendre.

À retenir : comment passer à l’action sans stress

  • Garder son calme et observer son enfant : la plupart des fièvres se résolvent spontanément en quelques jours.
  • Adapter l’environnement : pièce aérée, vêtements confortables, hydratation.
  • Doser correctement les antipyrétiques si inconfort seulement, jamais systématiquement.
  • Surveiller l’apparition de signes de gravité, surtout chez les tout-petits.
  • Consulter dès qu’un doute sérieux subsiste.

En résumé : développer les bons réflexes face à la fièvre

Même si la fièvre impressionne, elle fait le plus souvent partie du parcours normal de l’enfance. En restant attentif à l’état général, en appliquant les mesures d’hygiène et d’hydratation, et en évitant les pratiques dépassées, chaque parent peut accompagner sereinement son enfant lors d’un épisode fébrile.


Rien ne remplace cependant le bon sens : si la situation vous échappe, ou si vous êtes inquiet(e), n’hésitez jamais à demander conseil à votre pédiatre ou à votre médecin. Ainsi armé des bons réflexes, vous traverserez ces épisodes avec confiance et efficacité.

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