Parentalité

Parentalité positive : comment l’appliquer au quotidien de manière simple

Par Maxime
5 minutes

Des valeurs au quotidien : comprendre la parentalité positive

Depuis quelques années, la parentalité positive séduit de plus en plus de familles. Cette approche éducative invite à accompagner les enfants avec bienveillance, respect de leurs émotions et recherche de coopération plutôt que par la punition systématique ou l’obéissance aveugle. Mais concrètement, comment l’appliquer chaque jour, sans se perdre dans les injonctions ou la culpabilité ? Découvrons ensemble des pistes concrètes pour donner vie à la parentalité positive dans une famille, et ce, sans avoir besoin d’être un parent « parfait ».


Pourquoi choisir la parentalité positive ?

  • Des enfants mieux compris : La parentalité positive part avant tout du besoin de comprendre ce qui motive les comportements des enfants. Plutôt que de réagir à chaud, elle invite à décrypter les besoins sous-jacents (fatigue, besoin d’attention, frustration…).
  • Relations apaisées : Lorsqu’on privilégie le dialogue et l’écoute, les tensions et conflits répétitifs diminuent au fil du temps.
  • Développement de l’empathie : Valoriser l’expression des émotions permet aux enfants d’apprendre à gérer la colère, la tristesse ou la frustration, et favorise leur intelligence émotionnelle.
  • Autonomie renforcée : L’enfant ainsi accompagné apprend à trouver des solutions, à se responsabiliser et à coopérer plus naturellement.

Les grands principes à retenir

  • Bienveillance ET cadre : Dire non quand c’est nécessaire, poser un cadre rassurant, tout en validant les émotions de l’enfant.
  • Communication positive : Privilégier l’encouragement, la valorisation, l’explication plutôt que la menace ou l’humiliation.
  • Recherche de solutions : Impliquer l’enfant dans la résolution de problèmes du quotidien (conflits de fratrie, partage, rangement…).
  • Consistance et cohérence : Les règles sont claires, peu nombreuses et adaptées à l’âge de l’enfant. Elles sont expliquées et rappelées régulièrement.

Concrètement : des outils pour chaque situation

Accueillir les émotions de l’enfant

  • Mettre des mots : « Je vois que tu es en colère parce que tu dois arrêter de jouer. Ça n’est pas facile de s’arrêter quand on s’amuse. »
  • Reconnaître sans céder : Valider le ressenti ne signifie pas tout accepter : « Tu aimerais encore jouer, mais il est l’heure de dîner. »
  • Offrir la possibilité d’exprimer autrement : « Tu peux me dire ce qui te dérange, ou dessiner si c’est trop dur de parler. »

Poser un cadre ferme et sécurisant

  • Énoncer les règles de façon positive : Privilégiez « On marche dans la maison » plutôt que « Ne cours pas ! »
  • Répéter calmement, sans crier : Adoptez une voix posée, à hauteur de l’enfant pour capter son attention.
  • Rappel visuel : Pour les petits, affichez des pictogrammes ou dessinez les règles dans les pièces-clés.
  • Privilégier les choix limités : « Tu veux mettre ton pyjama tout seul ou avec mon aide ? »

Encourager la coopération au quotidien

  • Impliquer dans l’action : « Viens m’aider à préparer la table, tu prends quoi en premier ? »
  • Transformer en jeu : Qui range ses chaussures le plus vite ? Qui retrouve la peluche préférée dans la chambre en premier ?
  • Utiliser l’humour : « Oh là là, ces chaussettes rebelles qui refusent de se ranger ! »

Dire stop sans crier

  • Prendre une pause : Si la tension monte, s’autoriser à respirer profondément avant de réagir.
  • Formuler clairement le refus : « Je ne suis pas d’accord que tu tapes. Tu peux exprimer ta colère autrement. »
  • Mise à l’écart courte et calme : Expliquer à l’enfant qu’il se met à l’écart pour se calmer et que vous viendrez le chercher dans deux ou trois minutes.

Ce qui fonctionne vraiment… et ce qui bloque au quotidien

Ce qui aide

  • Ritualiser les moments clés (rangement, repas, coucher) pour rendre les journées prévisibles.
  • Donner l’exemple : l’enfant apprend avant tout en observant vos réactions et vos mots.
  • S’appuyer sur des supports visuels (tableaux, dessins, minuteurs) pour les routines ou les règles.
  • Afficher les points positifs du jour, célébrer les petites victoires pour renforcer la confiance.
  • Inclure l’enfant dans les décisions (menu du repas, choix de l’histoire, activité familiale du week-end).

Ce qui empêche d’avancer

  • S’attendre à ce que l’enfant soit toujours « sage » et maîtrisant parfaitement ses émotions : même les adultes n’y arrivent pas !
  • Changer sans prévenir : instaurer une nouvelle règle ou un nouveau rituel du jour au lendemain sans préparation.
  • La course permanente, le manque de sommeil, le stress ambiant : ils rendent difficile l’application sereine de la parentalité positive. Il est important d’accepter de ne pas tout réussir à chaque instant.
  • Culpabiliser ou se comparer sans cesse : chaque famille progresse à son rythme.

Mise en pratique : exemples de routines selon l’âge

  • Pour les tout-petits (2-5 ans) : Mise en place de routines illustrées, choix entre deux tenues, petits rituels du coucher (lecture, câlin, lumière basse).
  • Pour les enfants en primaire : Responsabiliser sur le rangement de leur cartable, établir des règles d’écran en famille, débattre ensemble des activités du week-end.
  • Pour les ados : Discuter ouvertement des défis de la vie quotidienne, valoriser leur autonomie, leur laisser un espace d’intimité, mais maintenir un dialogue ouvert sur les règles essentielles.

Check-list pour ancrer la parentalité positive

  • Identifier un point sur lequel progresser (par exemple : réduire les cris lors des conflits du soir).
  • Choisir 2 ou 3 phrases-repères à utiliser (ex : "Veux-tu de l’aide ou tu veux essayer seul ?", "Tu as envie de… et en même temps, la règle c’est…").
  • Installer visuellement les routines (dessin sur le frigo, minuterie pour le temps de jeux ou d’écran).
  • Prendre chaque semaine un petit temps de débrief entre parents (voire avec les enfants) : Qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qui a coincé ?
  • Valoriser les progrès de chacun, adulte ou enfant : un compliment, un mot doux laissé dans le cartable, un moment de fierté partagé en famille.

Garder le cap sans viser la perfection

La parentalité positive n’est pas un mode d’emploi magique ni un chemin linéaire. C’est surtout un état d’esprit qui place la relation parent-enfant au cœur de l’éducation et accorde le droit à l’erreur – pour l’enfant comme pour le parent ! S’autoriser à déraper, s’excuser, réajuster en fonction des besoins du moment : c’est aussi cela, transmettre le goût du respect mutuel et de la réparation.


En résumé : avancer pas à pas vers une atmosphère plus sereine

Même appliquée simplement, la parentalité positive change le quotidien : plus de sérénité le matin, des relations familiales moins tendues, des enfants qui gagnent peu à peu en autonomie et en esprit de coopération. L’essentiel est d’agir par petites touches, de manière progressive, en cherchant ce qui fonctionne vraiment pour votre famille.
La bienveillance s’apprend comme une langue vivante : en pratiquant, en ajustant, en célébrant chaque progrès. À vous d’adapter, d’expérimenter, d’enrichir au fil du temps : c’est ainsi que, de parent en parent, on peut transmettre jour après jour le goût de la confiance, du respect et du vivre-ensemble.

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