Activités & jeux

Quels jeux favoriser pour stimuler la motricité des enfants ?

Par Maxime
5 minutes

Comprendre le développement moteur : pourquoi le jeu est essentiel

Avant de s'intéresser aux meilleures activités à proposer, il est important de cerner la notion de motricité. Elle se divise en deux grands volets : la motricité globale (qui mobilise les grands groupes musculaires pour marcher, courir, sauter, grimper…) et la motricité fine (qui concerne les petits gestes précis, manipuler, découper, dessiner, boutonner…).
Dès le plus jeune âge, l'enfant développe ces compétences essentielles à son autonomie et à ses apprentissages futurs, et le jeu en est le principal moteur. Par le toucher, le mouvement, l'exploration, il construit son schéma corporel, la coordination de ses gestes ainsi que sa confiance en lui.
Voyons comment adapter jeux et jouets pour accompagner chaque étape de la motricité, de la naissance à l'entrée à l'école primaire, avec une sélection concrète et des conseils pratiques.


Stimuler la motricité globale : bouger, sauter, grimper, rouler

Pourquoi favoriser la motricité globale ?

La motricité globale engage tout le corps et apporte un équilibre indispensable au développement physique et psychique de l'enfant. En combinant déplacements, prises de risque mesurées et défoulement, ces jeux renforcent l’équilibre, la coordination, la musculature et le sens de l'espace.
De nombreux troubles de l’attention ou du comportement peuvent d'ailleurs être anticipés ou atténués en laissant suffisamment d'opportunités de mouvement spontané au quotidien. Voici les jeux à privilégier pour booster l'envie de bouger.


  • Parcours de motricité maison : Utilisez coussins, tunnels, cartons, cerceaux ou simples lignes au sol. Proposez à l'enfant de ramper, enjamber, sauter, marcher à quatre pattes… Variez les niveaux de difficulté en fonction de l’âge.
  • Jeux d’équilibre et de bascule : Planche d’équilibre, ballon sauteur, pierres à marcher, poutre basse ou rondins en mousse, tout est bon pour explorer le déséquilibre en toute sécurité.
  • Mini-trampoline ou tapis rebondissant : Idéal pour évacuer l’énergie tout en travaillant l’impulsion et la réception du saut.
  • Jeux de lancer/attraper/viser : Ballons légers, sacs de grains, cibles murales, anneaux à lancer… Ces jeux coordonnent vue et geste et entraînent la force.
  • Structures d’escalade, toboggans, draisiennes, porteurs : Dès la marche assurée, le plaisir de monter, glisser, avancer à son rythme. Adapter l’équipement à l’espace disponible (jardin, espace public, intérieur).
  • Danses et rondes : Chanter en mouvement, inventer des chorégraphies, jouer à « Statue » ou « Jacques a dit ». Musique et rythmes facilitent la dissociation des segments du corps et l’explosivité.

Doper la motricité fine : manipuler, assembler, découper, créer

En quoi la motricité fine prépare l'autonomie ?

Les petits gestes du quotidien (manger seul, s’habiller, écrire) requièrent une dextérité qui ne s'acquiert qu'avec un entraînement ludique et régulier des muscles des mains et des doigts. Les enfants aiment naturellement manipuler, trier, emboîter : ces activités leur permettent d’améliorer leur coordination oeil-main, leur précision, et de gagner en confiance pour les gestes minutieux.


  • Jeux de construction : Du gros bloc à empiler pour les tout-petits aux Lego ou Kapla pour les grands : emboîter, superposer, enclencher développe la préhension et la vision en trois dimensions.
  • Puzzles simples puis complexes : Pour structurer la logique tout en affinant les gestes.
  • Perles à enfiler, laçage, vissage/dévissage : Proposés à partir de 2-3 ans, ces jeux entraînent la maîtrise du geste et préparent à l’écriture.
  • Découpage, collage, modelage : Ciseaux adaptés, pâte à modeler, pâte à sel, gommettes, pinces et pinces à linge sont autant d’outils pour renforcer la force des doigts.
  • Jeux de société avec manipulations : Mémo avec cartes à tourner, pick-up sticks (mikado), dominos, toupies. Ils motiveront les plus réticents à prendre leur temps pour réussir.

Des jeux adaptés à chaque âge

De 0 à 12 mois : l’exploration à plat ventre et la découverte sensorielle

  • Tapis d'éveil : Stimule la motricité en proposant différentes textures et objets attrayants à attraper.
  • Arche de jeux : Incite à tendre le bras, à lever la tête, à toucher et à saisir, étape clé avant le retournement.
  • Petits ballons, hochets, cubes en mousse : Faciles à attraper, à lancer à deux mains, à suivre du regard.

De 1 à 3 ans : l’espace, la verticalité, les mains de plus en plus agiles

  • Porteurs et trotteurs : Encourage l’apprentissage de la marche et la coordination globale.
  • Blocs de construction gros format : À empiler, faire tomber, transporter.
  • Piscines à balles de petite taille : Sauter, se cacher, s’enterrer, sortir… , tout cela sollicite le corps dans son ensemble.
  • Table d’activités avec engrenages, boutons, volets : Fait travailler la motricité fine tout en restant dans le jeu découvert.

De 3 à 6 ans : la coordination, la construction, l’imagination

  • Draisienne, vélo, trottinette : Idéal pour l’équilibre, la propulsion et le sens du risque mesuré.
  • Jeux de société à manipulations : Apprentissage du tour de rôle, du lâcher-prise, de la concentration tout en affinant la gestuelle.
  • Perles de plus en plus petites, premiers ciseaux, pâte à modeler détaillée : L’exigence grandit, la fierté aussi.
  • Costumes, déguisements et accessoires : Boutonner, zipper, enfiler, enlever forment d'excellents exercices.

En extérieur ou en intérieur : tirer parti de chaque environnement

  • Au parc ou au jardin : Structures de grimpe, jeux à bascule, cerceaux, marelle, ballon, corde à sauter, parcours d’obstacles improvisé avec ce que l’on trouve.
  • À la maison : Tunnels souples, parcours de coussins, jeux de mains (comptines gestuelles), manipulation sur la table ou en cuisine (malaxer la pâte, casser les œufs, verser de l’eau).

Ce qu’il faut éviter pour une motricité épanouie

  • Le tout-écran : Limiter la tablette/télé qui fige les mouvements et diminue l'intérêt pour l’exploration concrète. Privilégier la passivité augmente le risque de retard moteur.
  • Surprotéger l’enfant : Le laisser expérimenter, tomber parfois (sur tapis !), grimper, tester ses limites, sous surveillance bienveillante.
  • Proposer du matériel inadapté à l’âge : Préférer des objets accessibles, adjustables, évolutifs selon la progression de l’enfant, pour éviter découragement ou frustration.
  • Rendre toute activité obligatoire ou sur-animer : Garder une large place à l’initiative, aux jeux libres et au plaisir du mouvement.

Check-list pratique : intégrer la motricité au quotidien

  • Prévoir tous les jours un temps de jeu moteur (même court) : 15-30 minutes suffisent.
  • Miser sur la polyvalence : un gros ballon, un cerceau, quelques coussins multiplient les usages.
  • Laisser l’enfant participer à des tâches « de grand » (mettre la table, remuer, verser, arroser), ce sont de vrais terrains d’apprentissage.
  • Aménager l’espace pour bouger même en appartement (parcours improvisé, séance de danse).
  • Reconnaître les progrès, valoriser l’effort plus que le résultat.
  • Vider parfois la chambre ou le salon pour un espace de motricité express quand le besoin de défoulement se fait sentir !
  • En sortie, privilégier parcs, bois, chemins irréguliers à la simple promenade urbaine.

En résumé : jouer, c’est déjà grandir et apprendre

Les jeux moteurs sont l’un des piliers de la croissance harmonieuse de l’enfant. Qu’il s’agisse de courir dans le jardin, de sauter à cloche-pied sur le carrelage du salon ou de manipuler des perles, chaque expérience contribue, à son rythme, à bâtir autonomie, confiance et joie de vivre.
L’important ? Varier, observer, adapter mais surtout accompagner sans pression. Souvenez-vous qu’il n’y a pas de « modèle parfait » : chaque enfant évolue à sa façon, selon ses envies. Stimuler la motricité, c’est offrir à son enfant le plus beau des cadeaux : le plaisir d’être acteur de ses progrès et de sa découverte du monde… en jouant !

Articles à lire aussi
jouets-enfants.fr