Activités & jeux

Jeux coopératifs : apprendre à jouer ensemble dès le plus jeune âge

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi miser sur le coopératif en famille ?

Jouer fait partie intégrante du développement de l’enfant, mais tous les jeux ne se valent pas. Les jeux dits « coopératifs » révolutionnent l’expérience du jeu dès le plus jeune âge : ici, on gagne ou on perd ensemble ! Contrairement aux jeux de compétition qui sacralisent le meilleur ou le plus rapide, la coopération place l’entraide, l’écoute et la réflexion collective au cœur de l’action. Cette philosophie s’installe de plus en plus dans les familles et les écoles, tant elle répond au besoin de construire une relation saine à soi-même, aux autres et au vivre-ensemble.

Qu’est-ce qu’un jeu coopératif ?

Dans un jeu coopératif, tous les participants forment une équipe qui poursuit un objectif commun. Il n’y a pas d’adversaires à battre, mais souvent un « défi » lancé par le jeu lui-même — chronomètre à battre, problème à résoudre, mission à accomplir. Pour gagner, chacun doit partager ses idées, communiquer et s’entraider. L’échec n’est jamais vécu comme une défaite individuelle mais comme une expérience partagée, riche en apprentissages.

  • Objectif commun : Tous les joueurs avancent ensemble vers un but (sauver des animaux, traverser la rivière, empêcher une catastrophe, etc.).
  • Victoire ou défaite partagée : On fête les succès et on apprend des échecs collectivement.
  • Rôles complémentaires : Chacun peut avoir un rôle différent, avec ses propres atouts.

Quels bénéfices pour les enfants (et les parents) ?

  • Encourager l’empathie : Les enfants sont invités à écouter les émotions et idées des autres, à prêter main forte, à consoler en cas d’échec collectif.
  • Renforcer la communication : Parler, expliquer, planifier — tout est plus simple quand on construit une solution ensemble.
  • Développer l’intelligence sociale : Identifier ce qui aide l’équipe, comprendre les besoins de l’autre, négocier le tour de chacun… autant de compétences clés pour la vie.
  • Canaliser l’esprit de compétition : Frustration, crises de larmes, sentiment de rejet… Moins fréquents ici. On apprend à réussir sans écraser ; à soutenir sans dominer.
  • Soutenir l’estime de soi : Chaque enfant peut être fier d’avoir contribué, quel que soit son niveau.
  • Favoriser l’inclusion : Adaptés à divers âges et profils (timides, sensibles, porteurs de handicap), les jeux coopératifs valorisent toutes les contributions.

À partir de quel âge tester les jeux coopératifs ?

Dès la maternelle (voire avant), il existe des jeux très simples : puzzles collectifs, jeux de plateau à mission partagée, activités motrices à réaliser en collaboration. À 3 ou 4 ans, les tout-petits comprennent rapidement l’idée de « gagner ensemble ». Les premiers jeux de ce type développent la capacité à attendre son tour, à faire des choix pour le groupe, à s’accorder sur une stratégie.

  • 2-3 ans : Jeux symboliques partagés (construire, faire semblant), jeux de blocs
  • 4-6 ans : Petits jeux de société (pêche à la ligne coopérative, mémory d’équipe, premiers jeux d’aventure)
  • 6-10 ans et plus : Stratégies collectives, jeux d’énigmes, jeux en équipe en extérieur

Exemples concrets de jeux coopératifs à adopter

  • Le Verger (Haba) : Les joueurs doivent récolter les fruits avant l’arrivée du corbeau. Chacun lance le dé pour l’équipe, on anticipe, on se régale des petites victoires communes.
  • Le Lièvre et la Tortue (Gigamic – version coop) : Avancer tous ensemble avant que le lièvre n’atteigne la ligne d’arrivée !
  • Max le Chat (Plum Games) : Sauver les souris du chat malicieux en mettant en œuvre des choix tactiques.
  • La Forêt Enchantée (Djeco) : Parcourir la forêt pour rassembler des éléments magiques avant la nuit.
  • Pandemic, Unlock! Kids, Magic Maze : Pour les plus grands (et adultes), résoudre collectivement un casse-tête, sauver le monde ou s’évader d’un labyrinthe.
  • Les jeux de rôle (RPG «papier», histoires inventées) : On co-construit une aventure, chacun y met sa patte et rien ne fonctionne sans dialogue.

Comment organiser une séance de jeu coopératif réussie ?

  1. Choisir le bon jeu pour l’âge (et l’envie) : Privilégier la simplicité pour les plus petits, le challenge collectif pour les plus grands.
  2. Présenter la règle avec enthousiasme : Insister sur le côté « on joue ensemble contre le jeu », pas « les enfants contre les parents » !
  3. Laisser de l’autonomie : Guider sans prendre la main, encourager sans imposer la solution adulte.
  4. Valoriser chaque contribution : Dire « bonne idée », féliciter les efforts même si la mission est ratée :
    l’important, c’est le chemin.
  5. Perdre (ou gagner) avec philosophie : Discuter après la partie : « quel moment était le plus chouette ? Pourquoi on a réussi/échoué ensemble ? »
  6. Inviter à rejouer, ajuster les règles : Certains jeux proposent des variantes pour pimenter la prochaine séance.

Les alliances en dehors du plateau : coopération dans la vie quotidienne

Pratiquer des jeux coopératifs a de véritables répercussions dans le quotidien. Les enfants osent davantage demander ou offrir de l’aide, s’accordent plus facilement pour « faire équipe » au moment de ranger la chambre ou de préparer le repas. Le jeu devient un terrain d’entraînement pour mieux vivre ensemble, y compris dans les petits défis du jour à jour.

  • Ranger ensemble : transformer le moment du rangement en challenge collectif.
  • Cuisine familiale : répartition des tâches (mélanger, préparer, goûter !)
  • Épreuves sportives ou chasses au trésor : former une équipe pour atteindre un objectif commun.

Obstacles fréquents : ce qui bloque (et comment rebondir)

  • L’enfant veut tout diriger : Donner des responsabilités à chacun (porte-parole, maître des cartes, chronométreur) pour répartir le « pouvoir ».
  • L’un s’ennuie ou décroche : Varier les rôles ou changer le jeu, accepter de faire une pause.
  • La défaite démotive : Valoriser la solidarité, proposer un « débrief » pour évoquer les bons moments partagés.
  • Tentation de la triche : Remplacer la sanction par une discussion sur la notion d’équité et ce que chacun ressent.

Check-list pour amorcer le jeu coopératif à la maison

  • Sélectionner 2 à 4 jeux coopératifs adaptés à l’âge des enfants.
  • Lire (ensemble) les règles avant la première partie.
  • Ajouter au calendrier familial une soirée ou après-midi « jeu ensemble » régulière.
  • Impliquer chacun dans la mise en place et le rangement du jeu.
  • Encourager l’expression des ressentis après la partie (joie, frustration, fierté…)
  • Pimenter avec quelques « défis coopératifs » hors du plateau (cuisine, construction d’une cabane, rangement chronométré…)
  • Faire tourner les rôles et écouter les suggestions de variantes : rendre chaque expérience unique.

Ce qui fonctionne… et les erreurs à éviter

  • À privilégier :
    • Valoriser l’effort collectif, pas le résultat individuel.
    • Faire participer parents, fratrie et amis pour varier les points de vue et le plaisir.
    • Laisser les enfants proposer des variantes, inventer des histoires autour du jeu.
    • Rire ensemble, en cas de victoire… ou de défaite !
  • À éviter :
    • Prendre systématiquement la main ou « sauver » l’équipe en tant qu’adulte : laissez de la place à l’erreur.
    • Mettre la pression pour gagner, ce qui transforme l’enjeu collectif en source d’angoisse.
    • Négliger les envies des plus jeunes ou des plus timides : trouver leur place est essentiel.
    • Multipliez les jeux compétitifs après une séance coopérative, au risque de brouiller les repères.

En résumé : la coopération, un socle pour le vivre-ensemble

Adopter les jeux coopératifs dès le plus jeune âge, c’est beaucoup plus qu’un simple plaisir ludique. C’est offrir à l’enfant une expérience structurante : écouter l’autre, négocier, coopérer, se réjouir ensemble. C’est aussi un terrain d’entraînement pour la vie collective à la maison, à l’école et plus tard dans la société. Quelle que soit la durée ou le type de jeu choisi, l’important reste de poser les bases d’un « faire équipe » joyeux, dynamique et respectueux. Un vrai coup de pouce pour la confiance et l’harmonie familiale !
Pourquoi ne pas faire le test ce week-end ? Choisissez un jeu, réunissez petits et grands, et lancez-vous dans l’aventure coopérative… en équipe, bien sûr !

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